Et pourquoi pas de l’art ?

Retour sur notre action des journées du patrimoine

Tous les jours, les appels à consommer, images aguicheuses, stéréotypes sont imposés à nos regards. Pourtant, il y a tant d’autres choses à donner à voir !

À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, nous avons donc transformé une dizaine de panneaux publicitaires en supports d’œuvres d’art. Chaque panneau a été recouvert d’une nappe de couleur sur laquelle a été accroché un tableau ainsi que son cartel et un flyer expliquant notre démarche. Divers artistes ont été sélectionnés pour cette exposition, comme Auguste Renoir, Paul Cézanne, Camille Pissarro, Roger de la Fresnaye et d’autres encore. En exposant leurs peintures sur ces panneaux, nous montrons qu’autre chose que de la publicité pourrait être affiché dans nos rues.

 

Et si l’art était choisi à la place de la publicité ?
Ce que nous voyons tous les jours dans nos rues est un choix politique. Il est possible de proposer de l’art au quotidien plutôt que de la publicité. Au-delà des peintures connues, pourquoi ne pas permettre l’expression artistique de chacun et laisser vivre la ville ? Le succès de la réappropriation de l’espace public par les habitants de Genève suite à la fin du contrat publicitaire début janvier en est le meilleur exemple. Le temps d’une semaine, des œuvres d’anonymes ont fleuri dans la ville et depuis, l’idée de donner plus de place à des expressions non commerciales suit son chemin.

« Attractifs, sécurisants et conviviaux »

Nous essayons depuis longtemps d’avoir un rendez-vous avec la direction de Keolis Lille pour défendre notre point de vue, l’intérêt d’usagers des transports publics (550 signataires de notre pétition à ce jour) et la sobriété énergétique. Ces derniers mois, au cours de nos actions (notamment celle du 8 avril) et lors de nos échanges par téléphone, Keolis nous a promis un rendez-vous qui n’est jamais venu. Nous sentant menés en bateau, nous avons donc décidé de nous rendre directement sur place.

Siège de Keolis Lille, au 276 avenue de la Marne à Marcq-en-Baroeul

Le 12 juin, nous voici donc devant le siège de Keolis Lille. Après avoir eu affaire à différents interlocuteurs, nous avons finalement pu nous entretenir brièvement avec le directeur Qualité et Développement Durable de Keolis Lille. Il nous a écouté puis nous a invité à écrire une lettre au Directeur Général de Keolis Lille, Gilles Fargier. Ce que nous avons fait quelques jours plus tard, en exposant nos arguments et en l’invitant, dans la lettre qui suit, à nouveau à la discussion et à écouter nos propositions.

Le 12 juillet, nous avons enfin reçu une réponse du Directeur Général de Keolis Lille par courrier. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas franchement enclin au dialogue.

 

Pour le Directeur de Keolis Lille, les écrans publicitaires rendraient donc les stations de métro « plus attractives, sécurisantes et plus conviviales ». Drôle de vision des choses… L’expérience d’être cerné par des écrans publicitaires dans les transports nous semble plutôt répulsive, dangereuse et aliénante. En matière d’attractivité, pourquoi ne pas plutôt imiter l’exemple du métro de Stockholm qui fait la part belle à l’art. Concernant la convivialité, c’est plutôt de l’affichage d’expression libre ou de vie de quartier ainsi que des animations qui la favoriseraient.

Décoration d’une station du métro de Stockholm

Et comme dit par monsieur Fargier, il s’agit là d’une « expérimentation », comprendre que ce n’est qu’un début et que si nous ne réagissons pas maintenant, les écrans se généraliseront. On peut s’attendre à un remplacement progressif des panneaux publicitaires par des écrans, ce qui représenterait un gâchis énergétique plus indécent encore. Enfin, concernant le « potentiel de ce nouvel outil », on a une bonne idée de ce que les publicitaires peuvent faire avec ces écrans prévus pour intégrer des caméras et des capteurs d’audience permettant de nous suivre à la trace (voir aussi ce dossier de RAP sur le sujet).

 

Addendum du 21/07/17 :

Face au refus de dialoguer de Keolis Lille, nous avons repris les actions de recouvrement mercredi 19 juillet après-midi dans les stations République, Rihour et Gare Lille Flandres.

Action de sensibilisation à la MEL

 

Lundi 1er juin, nous étions devant la Métropole Européenne de Lille pour informer les élus communaux qui siègent en son conseil sur les pouvoirs qu’ils ont sur la publicité. Nous avons ainsi donné le récapitulatif qui suit aux élu-e-s qui entraient. Il met en évidence deux points majeurs. Premièrement, le rôle qu’ils peuvent jouer sur les écrans publicitaires dans les transports publics (campagne en cours), ceux-ci relevant de leur compétence, la délégation de service public faisant d’ailleurs l’objet d’un conseil spécial en septembre. Deuxièmement, la réglementation de la publicité extérieure dans la métropole, c’est-à-dire la taille, la fréquence ou encore le caractère lumineux des supports, compétence qui passe des communes à la métropole avec l’adoption d’un règlement local de publicité intercommunal (RLPi) pour octobre (ndlr : repoussé à une date ultérieure). Nous suivons ce dossier de longue date et n’avons pas manqué d’envoyer nos préconisations en la matière aux membres du conseil.

L’action s’est bien déroulée, le tract informatif est arrivé à pas mal de ses destinataires directs ainsi qu’à des employés intéressés. De courts échanges ont eu lieu avec quelques membres du conseil à propos des deux sujets. N’hésitez pas à vous emparer de ce tract informatif et de l’adresser à des membres de votre conseil municipal mais aussi de le porter à la connaissance des citoyennes et citoyens. Nous comptons bien suivre avec attention les délibérations à venir.

 

Contrat écrans Clear Channel – Keolis : droit de regard

Mieux vaux tard que jamais ! Après insistance auprès de la Métropole Européenne de Lille et grâce à la mobilisation collective, nous avons enfin à notre disposition les modalités du contrat passé entre Keolis (société qui gère le service public de transports de la MEL) et Clear Channel (société d’affichage publicitaire) à propos des écrans dans les transports publics.

Il s’agit en fait d’un avenant de 12 pages au contrat publicitaire déjà passé en 2005 entre les deux sociétés qui concerne les dispositifs d’affichages classiques.
Sur les 12 pages de cet avenant, 11 nous ont été fournies (la page 6 étant absente) et une information en haut de la page 7 est cachée.
Nous mettons à disposition des citoyens via ce lien le document qui nous a été envoyé par la métropole le 16 mai dernier.

Regardons de plus près…

Pour aller droit à l’essentiel, ce qu’on apprend :

  • le contrat publicitaire entre Keolis et Clear Channel est valable jusqu’au 31 mars 2020 (page 2)
  • que « Désireuse de dynamiser, de rajeunir et d’embellir les supports publicitaires […] Keolis Lille souhaite dans le cadre du Contrat, la mise en place de supports numériques » (page 2)
  • que Keolis ne reçoit aucune contrepartie financière à l’installation de ces écrans (haut de la page 7)

 

Exemplarité, mon œil !

Alors que sur son site web, Keolis dit « s’engager dans une démarche d’exemplarité » en matière de mobilité durable, nous rappelons que ces supports numériques sont énergivores. Dans le film Demain, Thierry Salomon de l’association négaWatt explique ainsi « Est-ce bien raisonnable d’avoir dans nos métros des écrans vidéos dont la consommation d’énergie, d’un seul de ces écrans est la consommation en électricité […] de deux familles ? »
De plus, ils diffusent bien souvent des incitations à surconsommer ainsi qu’à acheter des véhicules individuels polluants, un comble pour la société de transports en commun.

Ainsi, alors même que les usagers font le choix du transport public écologique, ils sont renvoyés par ces publicités à un comportement anti-écologique. L’usager, pourtant principal concerné, est d’ailleurs le grand absent de ce contrat. Pourtant, c’est bien son regard qui est visé par les publicitaires, son quotidien qui est impacté. En témoigne les 500 signatures déjà récoltées sur notre pétition.

On les a à l’œil !

Pour rappel, si ce contrat court jusqu’à 2020, la Délégation de Service Public de transport s’achève elle fin 2017 et Keolis n’est pas assuré d’être reconduit sur celle-ci. Nous incitons en tout cas Keolis à revenir sur cet avenant au plus vite et appelons les élus de la métropole à prendre en considération cette question dans ses choix futurs.

Action-réponse après la mise en demeure de Clear Channel

Samedi 8 avril, nous avons mené une nouvelle action de recouvrement des écrans publicitaires Clear Channel dans le métro, ce malgré la mise en demeure de la multinationale de l’affichage.

Loin de nous laisser impressionner par les menaces de Clear Channel, nous continuons à agir pour dénoncer l’arrivée d’écrans dans les stations de métro lilloises et l’irrespect qu’ils représentent pour les usagers. Au cours de cette nouvelle action menée dans les stations République, Rihour et dans les rues lilloises, nous en avons profité pour rendre publique notre échange de lettres avec Clear Channel, en l’affichant sur ses supports. À cette occasion, nous avons aussi continuer à faire signer dans sa version papier la pétition visant à interpeller le président de la MEL qui a la compétence des transports publics pour lui demander le retrait de ces écrans énergivores et fatigants pour les usagers.

Notre action a fait l’objet de différents sujets dans les médias :

 

 

 

Addendum du 19/04/17 :

Samedi 8 avril, Transpole s’était engagé à nous proposer un rendez-vous. En l’absence de nouvelle, le samedi 15 avril, nous avons à nouveau recouvert les écrans des stations de métro Rihour et Gare Lille Flandres, on est du genre tenaces