JCDecaux prend ses aises dans le centre-ville lillois

Note : Article publié le 19 octobre 2015, mis à jour le 12 octobre 2016 (voir en fin d’article)

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Ce samedi 17 octobre (2015), une dizaine de panneaux verticaux sur socle JCDecaux ont temporairement été installés dans le centre-ville pour faire la promotion d’un événement qui a lieu dans les jours qui viennent et dont JCDecaux est partenaire. Nous appelons la mairie à demander le retrait de ces panneaux pour plusieurs raisons :

– les panneaux ont notamment été installés à des endroits qui sont habituellement épargnés de publicité. Le cas le plus flagrant est celui de la Grand Place dans laquelle la publicité est proscrite. La mairie a d’ailleurs engagé un procès contre un commerce établi sur la Grand Place ayant disposé un grand écran publicitaire derrière sa vitrine, elle a notre soutien dans cette démarche. Accepter l’installation de panneaux dans cette zone est tout à fait contre-productif et paradoxal dans cette optique.

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– sur le plan légal, JCDecaux est en infraction au code de l’environnement dans plusieurs endroits de la ville et plus largement de la métropole. Plus généralement, le fond de commerce de JCDecaux est le lavage de cerveaux, il dispose des publicités grand format qui s’imposent aux regards et pensées des gens partout dans le monde.

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– il existe d’ores et déjà des espaces publicitaires dans la ville, pas la peine d’en rajouter. Imaginez un peu que chaque association/entreprise qui organise tel ou tel événement sur Lille s’installe à ce point dans l’espace public. Pourtant, demander le même traitement serait légitime. Sauf à considérer qu’il existe un régime de privilège particulier quand JCDecaux est partenaire d’un événement.


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Nous nous réunissons ce lundi 19 octobre (2015) à 18h30 au café citoyen pour en discuter, ainsi que du contenu de l’affiche et de l’événement en question et éventuellement exercer un droit de réponse dans l’espace public.

Addendum : L’événement en question étant notamment destiné à des entreprises, une hypothèse est que JCDecaux soit aussi en train de faire sa propre promotion auprès d’elles. Peut-être que ce sont elles qui sont ciblées en ayant disposé les panneaux sur la route entre la gare et le Nouveau Siècle où se tient l’événement.
Nous avons bien exercer une légitime réponse sur ces panneaux au cours d’une action lundi soir.

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Addendum 2016 : La mairie ne sait pas tirer les leçons de ses erreurs… un an plus tard, rebelote, encore une fois sur la Grand Place.
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Fabien Delecroix, pour Résistance à l’Agression Publicitaire – Lille Métropole

Note : J’ai choisi de flouter le contenu des photos pour ne pas relayer l’opération de promotion. Avec mes excuses pour la piètre qualité des photos.

Affichage et immobilier

Dans le centre-ville lillois, de nombreuses affiches et bâches installées sur des bâtiments indiquent des opérations immobilières, comme la mise en location de bureaux ou la réalisation d’une vente. Cet affichage est parfois discret mais assez souvent très envahissant.

Le régime de réglementation qui s’applique est particulier, il s’agit de celui des enseignes temporaires. En effet, comme l’indique le Règlement Local de Publicité de la ville de Lille :

En application de l’article 18 du décret n° 82-211 du 24 février 1982, les enseignes temporaires sont soumises à autorisation du Maire lorsqu’elles sont installées sur un immeuble ou dans un lieu mentionné à l’article L. 581-4 du Code de l’Environnement ou lorsqu’elles sont scellées au sol ou installées sur le sol dans un lieu mentionné à l’article L. 581-8 du Code de l’Environnement. L’autorisation est délivrée après avis de l’Architecte des Bâtiments de France lorsqu’il s’agit d’enseignes temporaires installées pour plus de trois mois lorsqu’elles signalent des travaux publics ou des opérations immobilières de lotissement, construction, réhabilitation, location et vente et d’enseignes temporaires installées pour plus de trois mois lorsqu’elles signalent la location ou la vente de fonds de commerce, et situées sur un immeuble ou dans un lieu mentionné à l’article L. 581-4 du Code de l’Environnement.

Pour ce qui est de l’article L. 581-4 du code de l’environnement, il indique :

    I. – Toute publicité est interdite :

    1° Sur les immeubles classés parmi les monuments historiques ou inscrits à l’inventaire supplémentaire ;

    2° Sur les monuments naturels et dans les sites classés ;

    3° Dans les coeurs des parcs nationaux et les réserves naturelles ;

    4° Sur les arbres.

II. – Le maire ou, à défaut, le préfet, sur demande ou après avis du conseil municipal et après avis de la commission départementale compétente en matière de sites, peut en outre interdire par arrêté toute publicité sur des immeubles présentant un caractère esthétique, historique ou pittoresque.

III. – L’avis de la commission départementale compétente en matière de sites est réputé acquis s’il n’est pas intervenu dans un délai de deux mois à compter de la saisine par le préfet ou de la demande d’avis de la commission adressée par le maire au préfet.

Les règles sont donc généralement assez permissives sauf dans le cas de monuments historiques. Après, au-delà des règles, il y a surtout la volonté de la ville à intervenir pour préserver son espace public.

Encore un point à éclaircir pour le RLP intercommunal d’ailleurs !

Il est prévu d’illustrer et de compléter cet article bientôt.